06 janvier 2010
Parlons rémunération !
Ah
oui, l'argent... Thème parfois tabou, mais qui va occuper de plus en plus nos esprits. Je m'explique.
L'accord professionnel relatif aux gratifications des stagiaires des cabinets d'avocats du 19 janvier 2007 est entré en vigueur le 1er novembre 2007, après avoir été étendu par l'arrêté du 10 octobre 2007.
Cet accord a été fondé sur l'article 9 de la Loi du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances, aux termes duquel tous les stages d'une durée supérieure à 3 mois doivent faire l'objet d'une gratification dont le montant peut être fixé par convention de branche ou par accord professionnel étendu ou, à défaut, par décret.
Selon cet accord, le montant minimum mensuel de la gratification versée aux élèves avocats stagiaires en cours de scolarisation dans les CRFPA, quelle que soit la durée du stage (inférieure ou supérieure à 3 mois (art.2 et 3)) est fixée, pour un temps de présence mensuel du stagiaire égal à un temps plein au cours du mois considéré, comme suit :
- employeurs de 0 à 2 salariés non avocats lors de la signature de la convention de stage (hors personnel d'entretien et de service) = 60% du Smic au 1er janvier de l'année en cours (806,26 € pour 2010) ;
- employeurs de 3 à 5 salariés non avocats lors de la signature de la convention de stage (hors personnel d'entretien et de service) = 70% du Smic au 1er janvier de l'année en cours (940,64 € pour 2010) ;
- employeurs de 6 salariés et plus non avocats lors de la signature de la convention de stage (hors personnel d'entretien et de service) = 85% du Smic au 1er janvier de l'année en cours (1142,20 € pour 2010).
Je précise que cet accord ne concerne que les stages en cabinets, et n'est donc pas applicable aux stages effectués dans le cadre du PPI.
Lors de la réunion de rentrée au CRFPA de Versailles au mois de décembre, il nous a été précisé que le stage de "découverte" en alternance du premier semestre n'aura pas à être gratifié.
Les conventions de stage permettront donc aux cabinets de profiter d'une main-d'œuvre expérimentée (comme peut l'être un étudiant après cinq ans d'études et avec plusieurs stages / expériences professionnelles à son actif) sans débourser le moindre kopek !
Il nous a été annoncé que le système de l'alternance versaillais pourrait être un frein à la recherche de stage (voir billet précédent). Ainsi, le principe d'une gratification non obligatoire permettrait de rééquilibrer les chances...
Bien sûr, certains cabinets pourront estimer que notre travail mérite rémunération, mais seront-ils nombreux ?
Après avoir dépensé 1600 € de frais d'inscription, il est possible que nous restions 6 mois sans rémunération. Combien d'entre nous devrons trouver un travail en parallèle, en plus des cours et du stage ?
La sélection continue ?
Sources des liens : Génération-précaire et Legifrance
05 janvier 2010
La recherche du stage de "découverte"
La formation au CRFPA de Versailles débute par six mois de cours et de stage en alternance (pour les 2 groupes n'effectuant pas leur PPI dès le début).
Selon son groupe et les mois, l'élève aura de une à trois semaines de cours pour trois à une semaine de stage.
Ce système d'alternance peut poser un sérieux problème dans la recherche de stage : il faut trouver un cabinet qui acceptera d'accueillir un stagiaire de façon (très) discontinue.
En effet, cette organisation pourra rendre délicat le suivi des éventuels dossiers ou travaux confiés au stagiaire.
Le seul réel avantage de cette découpe est la mise en application concrète et régulière des enseignements dispensés par le CRFPA. Reste maintenant à voir la qualité des enseignements (à venir).
L'EFB (Paris) propose quant à elle deux "formules" pour le premier semestre :
- si l'élève choisit la première, il aura trois mois de cours suivis de trois mois de stage;
- si c'est la seconde qui est privilégiée, l'élève aura cours tous les matins, et stage tous les après-midi pendant les 6 mois. Cette seconde formule apparaît comme la moins pratique, surtout si l'élève effectue son stage dans un cabinet important, où généralement les journées se terminent tard (voir plus), alors que les cours, eux, commencent toujours à la même heure.
Pour ma part, j'ai commencé a postuler seulement hier... (oui, je suis pas trop du genre stressé...). Mais précisons tout de suite que le CRFPA de Versailles fait preuve d'une certaine tolérance : en théorie, les stages doivent absolument commencer début janvier, mais il est en pratique accordé aux élèves un délai de grâce d'un mois. Ce qui est la moindre des choses, puisque nous avons connaissance de nos résultats qu'au mois de décembre, période de fêtes et de vacances (tant pour les heureux admis que pour les futurs maîtres de stage), peu propice aux recherches.
J'ai jusqu'à présent orienté mes recherches vers les cabinets spécialisés dans mon domaine d'activité. Plus d'une quarantaine de CV et lettres de motivation envoyés pour trois réponses négatives... Je continue avec cette stratégie encore quelques jours, et, si je n'obtiens toujours pas ne serait-ce qu'un entretien, je postulerai à tous les cabinets sans distinction.
Trois semaines pour trouver un stage, le compte à rebours est lancé !!!
04 janvier 2010
Prépa ou pas ?
Ah oui c'est cher... Il suffit de faire un tour sur les sites des différentes prépa pour se rendre compte des tarifs très... élitistes. Peut-on parler de sélection par l'argent ? Peut-être.
Quoiqu'il en soit, les prépa estivales sont souvent considérées comme un préala ble nécessaire à l'obtention du CRFPA. Elles offrent une préparation intense sur une période d'environ 2 mois, et présentent le gros avantage d'apporter un cadre de révision rigide et donc efficace, à condition de jouer le jeu (c'est à dire d'aller aux cours, et de profiter de chaque entraînement sans exception).
Vous l'avez compris, j'ai cassé ma tirelire, et j'ai passé l'été dans une de ces prépa.
Le qualificatif "intensif" n'est pas usurpé. On est là pour en baver, et ce, dès les premiers jours.
Le rythme imposé nécessite une grande rigueur, et il est préférable d'éviter les soirées arrosées (oui, pour l'été, c'est dur...).
Les enseignants des matières que j'avais choisies étaient plutôt pédagogues et disponibles, ce qui n'était pas le cas de tous, aux dires de certains de mes camarades. D'où l'intérêt une nouvelle fois d'essayer de glaner un maximum d'informations sur la qualité des enseignants, même si cette appréciation est évidement trop subjective pour être déterminante du choix de la prépa.
Une formation privée est donc recommandée (même si elle ne porte que sur les notes de synthèse, exercice impossible à réviser soi-même), mais on peut parfaitement s'en passer. Elle n'est qu'un "plus", surtout pour les étudiants qui peuvent se motiver seuls sur une longue période.
Dans ce cas, il est plus que jamais indispensable de suivre les cours de l'IEJ et de profiter des simulations proposées. Ce qui souligne une nouvelle fois l'importance du choix de l'IEJ.
Prépa ou pas, l'été sera un véritable calvaire, mais cela en vaudra la chandelle.
N'oublions pas que plus l'investissement est important, plus le plaisir de la réussite est intense.
03 janvier 2010
L'accès à la profession d'avocat
Ce premier billet a pour but de présenter brièvement les conditions d'accès à la profession d'avocat. Le blog sera d'une façon générale consacré à la formation de l'élève avocat.
En premier lieu, toute personne souhaitant un jour devenir avocat, doit justifier de l'obtention d'un Master 1 en droit (niveau Bac+4). Précisons qu'en pratique, une grande majorité des candidats détient un Master 2 (niveau Bac+5).
En effet, un Master 2, année de spécialisation dans une branche de droit choisie par l'étudiant, peut lui permettre d'intégrer plus aisément par la suite un cabinet (notons qu'il est possible pour l'élève avocat d'obtenir un Master 2 pendant sa formation à l'école d'avocats, ce que nous verrons plus tard). Il permet aussi à mon sens d'avoir une plus grande "maturité juridique", tant par la rédaction d'un mémoire (exercice inédit jusqu'alors pour l'étudiant consistant en la rédaction d'une synthèse variant entre 50 et 100 pages sur une question de droit précise, systématiquement demandé en Master 2 de recherche, et tendant à s'imposer de plus en plus dans les Masters 2 professionnel, en lieu et place du rapport de stage), que par la réalisation d'un stage (uniquement pour les Masters 2 professionnels) permettant la mise en pratique donc une approche différente des cours universitaires.
Le candidat doit ensuite s'inscrire à un Institut d'Etude Judiciaire (IEJ), qui peut être celui de sa faculté d'origine, ou un autre de son choix (bien que certains IEJ demandent à ce que les candidats aient été étudiants au moins une année à l'université dont ils dépendent).
Les cours de cet IEJ ont lieu généralement de septembre à juin, et il reviendra ensuite aux enseignants de proposer les sujets de l'examen. C'est pourquoi il est vivement recommandé d'assister aux cours ou de les récupérer.
Le choix de l'IEJ et le choix des matières sont TRES importants.
L'IEJ peut proposer des sujets plus ou moins difficiles selon les matières, corrigés avec une sévérité variable.
Il n'existe pas de classement à proprement parlé des IEJ, mais les méthodes de préparation, et les taux de réussite, tant aux écrits (l'étape d'admissibilité) qu'aux oraux (l'étape d'admission), permettent d'en privilégier certains, ou à défaut d'en écarter d'autres.
Par exemple, un prestigieux IEJ parisien est réputé être difficile, puisque d'une part les cours dispensés ne sont pas suffisants (voir totalement inutiles), et, d'autre part, tous les types d'épreuve sont envisageables au stade des écrits (dissertation, commentaire d'arrêt, cas pratique). A l'opposé, par exemple, un IEJ de la banlieue parisienne propose des cours relativement complets, et tend à sanctionner les épreuves écrites par des cas pratiques (sauf pour les matières très peu représentées), ce qui permet de cibler ses révisions. Toutefois, la notation n'en est pas moins sévère.
Bref, avant de choisir son IEJ, il convient de se renseigner sur les taux de réussites (auprès du secrétariat de l'IEJ), et sur les tendances de notation selon les matières.
Je pense que si l'on en a la possibilité, il ne faut pas hésiter à choisir un IEJ peut-être moins prestigieux, mais plus "accessible", permettant de limiter au maximum la part de chance ou plutôt de malchance inhérente à tout examen. Un échec est dur à digérer, et représente une perte d'argent (surtout si l'on a fait une "prépa") et de temps importantes. Autant assurer dès la première tentative la réussite. Une fois avocat, qui se souciera de l'IEJ choisi ?
L'examen réussi, l'étudiant n'est toujours pas avocat, mais élève avocat. En effet, il s'agit d'un examen d'entrée qui donne accès à l'un des Centres Régionaux à la Profession d'Avocat (CRFPA).
En région parisienne, les étudiants sont répartis entre l'École de Formation des Barreaux (EFB) sur Paris, et le CRFPA de Versailles.
La formation dure 18 mois, divisés en 3 semestres.
Généralement, le premier semestre est consacré aux cours, et à un premier stage "découverte" en cabinet d'avocats (facultatif bien que recommandé à l'EFB).
Le second semestre est quant à lui consacré au Projet Pédagogique Individuel (PPI), consistant en un stage ne pouvant pas se dérouler dans un cabinet d'avocats, sauf si il est effectué à l'étranger.
Enfin, le troisième semestre est consacré au stage final, lui effectué dans un cabinet d'avocats.
Il est également possible de commencer la formation par le PPI, notamment lorsque l'étudiant décide de faire un Master 2.
Ce blog sera l'occasion d'entrer dans les détails de cette formation au fur et à mesure de ma progression.
Je vous souhaite une bonne lecture, ainsi qu'une heureuse nouvelle année !

